Prise de parole lors du Carnaval des Luttes

Publié par Transistor le

Tags : blog, militantisme, discours, carnaval des luttes, bouffons


Bonjours à tous et à toutes,
Nous sommes le collectif transistor, une association transféministe d’auto-soutien locale pour les personnes transgenres et / ou travailleuses du sexe

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Depuis bientôt un an, une loi transphobe est en cours de discussion : validée par le sénat, en pause depuis le début de la fabuleuse crise politique actuelle, elle interdirait les bloqueurs de puberté aux mineurs trans (pourtant prescrits en cas de puberté précoce à d’autres enfants), conditionnant leur prise en charge médicale à un suivi au sein d’une structure similaire à la FPATH, une association loi 1901 considérée à tort comme « parcours public » malgré le fait que l’institution soit vivement critiquée au sein de la communauté trans pour sa psychiatrisation de nos identités, les délais d’attentes ubuesques imposés et l’obligation de consulter les soignants imposés par la structure.

Cette loi empêcherait également toute forme de transition sociale : demander à se faire appeler ou genrer autrement par ses copains, ses profs ou ses parents, ce serait interdit, ne pas le respecter serait un manquement à la loi.

La France a été contaminée au printemps dernier par la Transmania, ce syndrome d’obsession transphobe, originaire du livre du même nom. Érigé comme un débat de conscience pour soi-disant protéger la liberté des femmes, cette haine sur-médiatisée des trans n’a fait qu’augmenter les actes de violence commis à notre encontre.

Ce n’est pas le programme pour lequel les français ont voté l’année dernière : on a dit oui au changement de genre en mairie, on le veut ! On a dit non aux violences et au contrôle médical de nos corps trans, ça suffit !

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Nous sommes solidaires de nos soeurs travailleuses du sexe ! Rappelons bien qu’alors que celles-ci se voient légalement obligées de payer des impôts et cotisations à l’état, qui touche donc une partie des revenus liés à leur activité de travail du sexe, ce qui en fait donc (selon ses propres lois) un état proxénète, ce dernier est absolument incapable d’assurer la sécurité de nos soeurs.

Souvenons-nous que pendant le covid, Marlène Schiappa alors ministre du droit des femmes n’avait même pas daigné écouter ni les associations communautaires au contact des travailleuses du sexe, ni même le STRASS, syndicat du travail sexuel.

Soyons solidaires avec les travailleuses du sexe, pas comme l’absolue entiereté des partis politiques de gauche qui, alors qu’ils s’affirment parfois comme anticapitalistes, s’attèlent plus à militer pour l’abolition du travail du sexe et à promouvoir des lois meurtrières et insécurisantes à l’encontre de nos soeurs, plutôt que d’abolir le travail tout court.

Soyons solidaires avec les travailleuses du sexe, parce que leur existence, leurs demandes, leurs réclamations ne sont pas des débats sur lesqels on peut tout simplement rétorquer “nous ne sommes pas d’accord”. Lorsqu’on milite pour le droits des femmes, on écoute aussi les travailleuses du sexe, plutôt que de les invisibiliser et prôner des lois insécurisantes qui les pousse à des conditions de travail davantage précaire.

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Si vous le pouvez, nous vous encourageons à soutenir, financièrement ou matériellement, les associations locales autour de vous - que ce soit Transistor, ou Baobab et l’Aadmie, associations d’aide au migrants, les lieux associatifs qui nous permettent d’exister comme le Bêta ou la Maison des Peuples et de la Paix. Car si, en ces temps compliqués, il faut une réelle force pour répondre à la menace fasciste qui pèse et s’installe trop rapidement dans notre pays, nous devons aussi permettre la survie et la pérennité des espaces de solidarités qui permettent à chacun de trouver du soutien, de la sécurité et de la solidarité.

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