Pour une pride d'Angoulême bruyante et radicale
Publié par Transistor le
Tags : blog, militantisme, politique, discours, pride, marche des fiertés
Nous sommes le Collectif Transistor, une association communautaire, millitant, d’auto-soutien et de visibilisation des questions relatives au droit des personnes trans et travailleureuses du sexe (TDS) basé sur Angoulême. Nous existons depuis 2021.
Le 28 mai dernier, le sénat validait une proposition de loi transphobe visant à freiner la soi-disant “transification des mineurs” déposée par Les Républicains et votée à l’unanimité dans les groupes politique de droite et “centristes” majoritaires.
Rappelons que les mineurs suivis médicalement en France pour transition de genre sont très peu nombreux : 295 en 2020 selon un rapport de la H.A.S publié en 2022. Parmi eux, quelques-uns seulement avaient accès aux bloqueurs. C’est une minorité !
Notons l’hypocrisie du corps médical qui perpétue encore les chirurgies de je cite “normalisation” sexuelle, encore aujourd’hui, en France, sur les les nouveaux-nés intersexes même lorsque cela n’est pas nécessaire pour la santé de l’enfant.
Si la loi passe :
- Les bloqueurs seraient donc conditionnés à un suivi médical et psychiatrique de deux ans dans une infrastructure conventionnée par l’État telle que la FPATH, une association loi 1901 comme nous ! Pourquoi donner alors ce pouvoir aux transphobes plutôt qu’à ceux qui ont l’expertise du sujet ?
- La mastectomie, seule chirurgie disponible aux mineurs de plus de 16 leur serait interdite,
- La directive de Blanquer incitant l’usage des prénoms et pronoms choisis par l’enfant dans les établissements scolaires serait également supprimée.
- Tout manquement à ces règles serait réprimé d’une peine de deux ans d’emprisonnements et 30 000 € d'amendes ainsi que la peine complémentaire d'exercer pendant dix ans ou plus. L’objectif est clair : obliger les mineurs trans à se cacher jusqu’à leur majorité et dissuader les médecins de les prendre en charge.
Nous dénonçons l’hypocrisie d’un État qui instrumentalise les lgbtphobies pour justifier son idéologie raciste et coloniale tout en proposant lui-même des projets de loi lgbtphobes et racistes.
Parce que les TDS ont structuré la première pride et qu’elles seront là, partout dans le monde, jusqu’à la dernière, parce qu’historiquement et aujourd’hui encore nos communautés ne cessent de s’entrecroiser ;
Nous dénonçons la loi pénalisation client de 2016 qui sous couvert de vouloir nous protéger :
- Nous empêche d’acheter ou louer un logement, car le propriétaire serait considéré comme proxénète.
- Rend difficile le fait de nous protéger des violences, en qualifiant de proxénète toute personne qui “aide, assiste ou protége la prostitution d’autrui” de proxénète.
- Nous expose à plus de violences, de la part des clients mais aussi de la part des forces de l’ordre et de la société.
Nous dénonçons le plan de lutte "anti-prostitution" annoncé par Aurore Bergé le 2 mai 2024 qui vise à renforcer cette loi, sous prétexte de vouloir voir disparaitre les TDS pour les Jeux-Olympiques. Il prévoit parmi ses 25 mesures une implication accrue des commissions départementales dédiées ou encore un renforcement des actions prises contre les "prétendus salons de massage abritant la prostitution". Cela donne lieu à une augmentation des contrôles d'identités des TDS qui si elles sont sans papières reçoivent ensuite une OQTF.
Parce-ce que l'abolitionnisme n’est pas un schéma compatible avec le capitalisme, et qu’il profitera toujours à perpétuer les violences envers les travailleuses et les TDS sans jamais en diminuer le nombre. Arrêtons de suivre dès maintenant le schéma meurtrier de la Suède et d’ignorer les violences commises envers les TDS ! Nous exigeons la dépénalisation comme modèle juridique !
Messieurs, dames, et non-binaires : cette pride se doit d’être bruyante, radicale et sans concession !!! Nous ne pouvons être pacifique face à l’oppression grandissante de nos communautés.
- Pour défendre les droits et la sécurité des enfants trans, leurs parents, leurs médecins (s’ils ont la chance d’en avoir un à l’écoute !) !
- Contre l’institutionnalisation des thérapies de conversion et la psychiatrisation de nos identités ! Pour le droit à l’autodétermination !
- Contre l’offensive médiatico politique transphobe !
- Pour protéger les droits reproductifs de toute personne et la liberté de chacun à disposer de son corps, pour l’accès à la PMA et à l’IVG aux personnes trans !
- Contre les lois répressives qui oppriment et précarisent : loi immigration, loi kasbarian, loi pénalisation client, loi sécurité globale : on en veut pas !
Trans, pédés, gouines, intersexes, putes et alliés : aujourd’hui, nous sommes réunis dans la rue, unis dans une marche contre ces discours rétrogrades et contre la montée du facisme !