Journée internationale du droit des femmes 2025
Publié par Transistor le
Tags : blog, feminisme, militantisme, discours
Bonjours à toustes,
Nous sommes le collectif transistor, une association transféministe d’auto-soutien locale pour les personnes transgenres et / ou travailleuses du sexe.
**
Voilà déjà plusieurs années que nous, personnes trans, observons et dénonçons la montée d’une rhétorique particulièrement vile visant à nous attaquer, nous isoler, restreindre nos droits. Voilà plusieurs années que notre ministère de l’égalité homme-femme, sous monsieur Macron, s’acoquine avec un pseudo-féminisme d’extrême droite visant à réduire les droits des femmes trans et des femmes racisées.
- Il y a deux ans, ils ont essayé de constitutionnaliser l’avortement de sorte à ce que les hommes trans en soit exclus.
- Il y a un an, ils ont essayé d’interdire les soi-disant “transitions” sur mineurs, contre toutes les recommandations de l’HAS, Haute Autorité de Santé, qui ne concernent qu’une petite poignée de main, se limitant à la prescription de bloqueurs de puberté.
- Cette année, ils ont réussi à retirer toute notion de transphobie du programme EVRAS d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, juste quelques heures avant d’acter le programme. Quelle honte ! Si ce programme n'inclut pas toutes les femmes, ne sensibilise pas à toutes les discriminations sexistes, alors il est inefficace !
Si ces actes ne sont pas anodins, ils sont aussi portés par cette abominable propagande qui tenterait de nous faire passer, nous, femmes trans, pour d’horribles monstres, qui transifions les pauvres hommes trans sans défense, et terrifions les femmes dans les vestiaires et les toilettes publics. C’est bien peu connaître les femmes trans qui vivent dans la peur constante de la violence, c’est ne pas réaliser que le nombre de violences transmisogynes ne fait qu’augmenter au cours des dernières années.
Désormais bien établie aux Etats-Unis ou cette rhétorique fasciste laisse de bien sombres présages, elle s’installe violemment en France, entre autre par le courant des Femellistes et leur soi-disant “enquête scientifique”. Non, leur fiction pseudo-érotique éditée par une maison d’édition d’extrême droite et copains de Marsault, tout droit sorti des fantasmes tordus des deux autrices, n’est pas une enquête, c’est un tissu de mensonges transmisogyne, un véritable appel au lynchage et une doctrine contre les libertés et la sécurité des personnes trans.
Il y a deux semaines, le sénat adoptait une loi interdisant le port du Hijab dans la pratique sportive. Les fascistes utilisent les mêmes rhétoriques d’invisibilisation et d’exclusion des minorités de l’espace public pour satisfaire son programme nauséabond et puritanisme. Nous sommes solidaires avec nos sœurs qui portent le Hijab, avec nos sœurs racisées.
**
En ce 8 mars, n’oublions pas de dénoncer les situations que nous, travailleuses du sexe, subissons ! Rappelons bien qu’alors que nous sommes légalement obligées de payer des impôts et cotisations à l’état, qui touche donc une partie des revenus liés à leur activité de travail du sexe, ce qui en fait donc (selon ses propres lois) un état proxénète, ce dernier est absolument incapable d’assurer notre sécurité.
En ce 8 mars, soyons solidaires avec les travailleuses du sexe, pas comme l’absolue entièreté des partis politiques de gauche qui, alors qu’ils s’affirment parfois comme anticapitalistes, s’attellent plus à militer pour l’abolition du travail du sexe et à promouvoir des lois meurtrières et insécurisantes à l’encontre de nos sœurs, plutôt que d’abolir le travail tout court.
Honte à l’État français qui, de par la loi du 13 avril 2016 et l’arrêté du 2 mai 2024, est responsable du meurtre d’au moins sept travailleuses du sexe rien que l’été dernier. C’est sans compter toutes celles qui n’ont pas eu l’attention des médias. Honte à cet état qui, sous couvert de vouloir protéger les femmes, provoque leur mort.
Honte à un État raciste et putophobe qui permet que ses forces de police participent aux violences faites à l’encontre des travailleuses du sexe donnant lieu cet été, comme le dit très bien Elisa Koubi, coordinatrice du STRASS, syndicat du travail sexuel, « un nettoyage social et un nettoyage racial des rues de Paris ». Cet été, les forces de l’ordre ont contrôlé, coursé dans les rues et bousculé dans les camionnettes les travailleuses, distribuant les OQTFs à vue d’œil.
**
Si vous le pouvez, nous vous encourageons à soutenir, financièrement ou matériellement, les associations locales autour de vous - que ce soit Transistor, ou Baobab et l’Aadmie, associations d’aide aux migrants, les lieux associatifs qui nous permettent d’exister comme le Bêta ou la Maison des Peuples et de la Paix. Car si, en ces temps compliqués, il faut une réelle force pour répondre à la menace fasciste qui pèse et s’installe trop rapidement dans notre pays, nous devons aussi permettre la survie et la pérennité des espaces de solidarités qui permettent à chacun de trouver du soutien, de la sécurité et de la solidarité.