1er mai, tds, nous aussi nous travaillons !
Publié par Transistor le
Tags : blog, droit du travail, droit des travailleurs, travailleurs et travailleuses du sexe, tds, prostitution, droit des tds, militantisme, discours, rayon parapluie
Bonjour à tous et à toutes,
Nous sommes le Transistor, une association d’auto-soutient entre personnes trans et / ou travailleur et travailleuses du sexe.
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Aujourd’hui, je vous parle en tant que travailleuse du sexe ; nous aussi, travailleurs et travailleuses du sexe, sommes des travailleurs. Nous aussi méritons notre place au premier mai ! Nous fournissons à autrui un service, un peu comme une boulangère sert son pain et un psychologue écoute ses clients. Nous aussi, nous tenons un commerce ! Pas celui de notre corps comme les abolitionnistes aiment à le répéter, mais celui du service sexuel.
Messieurs-dames : ne nous stigmatisez pas ! Nous essayons de vivre dans un monde complexe, dans un marché du travail qui n’offre pas la possibilité à certaines personnes de pouvoir s’y intégrer pour des raisons discriminatoires : patriarcat, transphobie, racisme, xénophobie, validisme… Nous sommes d’honnêtes travailleurs et travailleuses, nous sommes de vos proches, de vos amis, de vos familles, nous sommes vos compagnes et vos compagnons, nous sommes des mères de famille… Nous sommes nombreux, et notre existence n’est pas une honte ; nous n’avons pas honte.
Ne nous reprochez pas l’immoralité ou la prétendue “saleté” de notre travail : ce sont des projections que vous faites de nos réalités. Nous répondons à une demande, une demande plus commune que vous ne le pensez : nos clients, ce sont vos proches, vos amis, vos pères, vos frères, vos compagnons, vos patrons, vos collègues, vos boulangers, vos chauffeurs, députés, représentants…
Nous, putes, prostitués, escorts, travailleurs et travailleuses du sexe, demandons la fin du régime abolitioniste :
- Parce que vouloir criminaliser les travailleuses ou nos clients ne fait que créer plus d’insécurité pour nous dans nos métiers,
- Parce que l’abolitionisme profitera toujours à perpétuer les violences envers les travailleuses et les travailleurs du sexe sans jamais en diminuer le nombre tant que notre politique économique et sociale n’aura pas changée,
- Parce que la prohibition donne le pouvoir aux proxénètes plutôt que de nous protéger et de nous donner l’accès au droit et à la protection du travail,
- Parce qu’en France, nous pouvons déclarer notre activité professionnelle en tant qu’auto-entrepreneur et disposons même du régime de “Service des prostitués”, mais nos clients, familles, proches amis, compagnons et compagnes sont considérés par la loi comme nos proxénètes, nous poussant à exercer un travail plus dangereux et nous forçant à l’isolement,
- Parce que pour nous, il est plus difficile voir impossible d'obtenir un logement, car selon la loi, loger une travailleuse du sexe, c’est du proxénétisme,
- Parce que l’État est un hypocrite qui encaisse le quart des revenus générés par notre activité tout en étant incapble d’assurer notre protection, notre accès aux droits élémentaires et notre sécurité en nous précarisant, nous infantilisant et nous considérant incapables de faire nos propres choix,
- Parce que de Gerland à Belleville, et partout ailleurs dans la France, la police a fait le choix d’être en guerre contre nous et nos clients plutôt que de nous protéger des personnes violentes, allant jusqu’à courser les travailleuses du sexe de Bellevile lors des Jeux Olympique l’année dernière, incité par le plan de lutte de la prostition mis en place par Aurore Bergé le 2 mai 2024
- Parce que tous les partis de gauche continuent à prôner l’abolitionisme, et les partis d’extrême droite prétende proposer un projet pour « sécurisé le travail du sexe » qui ne protège que les propriétaires de logement ! Ne nous trompons pas, l’extrême droite ne sont pas nos amis ! Jamais, au grand jamais, nous n’accepterons que les fascistes prétendent parler à notre place pour protéger leurs intérêts économiques, alors même qu’ils luttent contre nous : ils sont raciste, transphobe, misogyne !!!
Nous exigeons une sécurité et une médecine du travail pour les putes, nous exigeons des retraites pour les putes ! Nous exigeons que notre travail et ses réglementations soient discutés avec nous et pas sans nous, car nous sommes celles qui exerçons ce métier !
Travailleurs et travailleuses de tous secteurs, vous qui êtes ici, nous sommes tous d’un même côté de l’engrenage. Nous devons lutter ensemble pour nos droits !
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Nous voulons aussi rapidement alerter à propos de l’offensive anti-trans - vous devez avoir suivi l’actualité et constaté que, pour nous, en ce moment, c’est vraiment compliqué. Le climat politique est hostile et ce n’est pas pour alléger la peine de la transphobie et les complexités que nous pouvons rencontrer en tant que personne trans : discrimination à l’embauche, sur le lieu de travail, discrimination de salaire, difficulté de trouver un logement…
Les mouvements TERFS d’extrême droite essaient d’effacer nos existences des livres d’histoires, des milieux féministe, de nous empêcher de vivre et d’exister en paix. Aux États Unis et en Angleterre, bientôt en France…. Pas de place pour les transphobes, pas de place pour l’extrême droite, pas de place pour le fascisme !
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Enfin, nous remercions l’intersyndical d’avoir accepté aujourd’hui notre prise de parole en faveur des droits des travailleurs et travailleuses du sexe : c’est une première historique et nous esperons qu’enssemble nous réussissions à garantir la sécurité de toutes les travailleurs et travailleuses, à lutter contre les systèmes d’exploitation et d’oppression de cette société capitaliste contre laquelle nous devons lutter.