Prise de parôle à la Pride Angoulême 2026
Publié par Transistor le
Tags : blog, militantisme, politique, discours, pride, marche des fiertés
Bonjour à tous et à toutes,
Nous sommes le Collectif Transistor, une association communautaire, millitant, d’auto-soutien et de visibilisation des questions relatives au droit des personnes trans et travailleureuses du sexe (TDS) basé sur Angoulême. Nous existons depuis 2021. Nous tiendrons notre prochaine permanence publique demain, dimanche 7 juin, exceptionnellement au Gros Corbeau place du palet, de 15 à 18H.
Comme chaque année, notre prise de parole est emprise de colère. Comme chaque année, nous écrivons un discours, puis nous tenons devant vous, pour vous expliquer à quel point, pour les trans, c'est de pire en pire. On en peut plus.
Depuis le 1er mars 2026, les changements de mention de genre à l'état civil sont devenu payant, 50€ pour saisir un tribunal judiciaire. Une première étape vers la complexification du changement d'identité à l'état civil. Ces 50€ sont un affront aux personnes trans qui devraient payer pour organiser leur discrimination, payer pour ensuite se voir refuser le changement de genre à l'état civil. La honte !
Puis, en avril dernier, ça continu ! Le député Charles Rodwell présente sa raciste loi Rodwell renforçant à "renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat" étendant les moyens d'hopistalisation forcée en soin psychiatrique ou prolongeant la durée de rétention administrative à 7 mois pour les personnes étrangères. Ce même texte prévois de conditionner le changement de prénom administrativement (et donc sur ses papiers) à l'absence de tout casier judiciaire. La honte, à tous les niveaux.
Pour rappel, il y a deux ans, l'état mettais en place un fichage des personnes trans : disposant d'un fichier listant chaque personne ayant effectué un changement de genre à l'état civil, accessible par la police pour des raisons "administrative" : ce fichier représente un danger pour la sécurité de toutes les personnes trans et une honte pour l'état et inquiète autant politiquement qu'ethiquement.
Nous, trans où putes, demandons aussi la régularisation de tous les sans papiers. Aucune loi sur la sécurité ne saurait justifier une politique raciste ou discriminatoire. Acceptess-T, association trans et tds historique basée à Paris, allertait il y a un mois et demi sur l'augmentation de fréquence des OQTFS sur les personnes qu'elle suivait, de 29 à 36 entre 2024 et 2025, et plus d'une vingtaine sur les 4 premiers mois de 2026. Le taux de réponses favorables pour les demandes de titre de séjour pour raisons médicale a chuté de 20% depuis 2017 lorsque l'OFII a pris la gestion de ces dossiers. Résultat ? Une augmentation des refus, 43% de demandes en moins.
Macron, les regularisations, c'est maintenant !!!
Pendant ce temps là, n'oublions pas la HAS (Haute Autorité de Santé) ; qui lors de la publication l'année dernière de leurs recommandations pour la prise en charge des personnes trans, avait laissé le sujet des mineurs trans de côté pour plus tard. Ils y reviennent cette année, et c'est une honte ! Les associations trans n'ont pas étées invitées au débat, tandis que la note de cadrage débutant les travaux fait mention de différentes sources transphobes souvent d'origine terf américaines ou anglo-saxon.
Face aux menaces sur les droits médicaux des personnes trans, mineur ou non, nous devont réagir ! Il est injustifiable que la médecine se face tributaire d'un ordre moral puritaniste au dépit du bien être des personnes.
Cette année, la loi pénalisation client de 2016 fêtait ses dix ans ! Loi sois-disant contre le proxénétisme, elle n'a fait que renforcer le rôle des proxénètes qui sont devenus des intermédiaires nécessaire pour que certaines collègues puissent éviter de se faire courser et contrôler dans les rues ou dans leurs camions par les forces de l'ordre qui assennes celles qui sont sans papières d'OQTF. La loi pénalisation client de 2016 est profondément raciste et precairophobe, augmentant l'insécurité de l'exercice du travail du sexe, criminalisant l'hebergement, les proches et la solidarité des travailleureuses du sexe.
Le rassemblement national, parti d'éxtrême droite, voudrais rouvrir les maisons closes. Quelle hypocrisie ! L'éxtrême droite n'est pourtant pas notre allié ; il ne porposent aucune mesure pour les personnes trans, racisées, exilées et précarisées, ni pour abroger les arrêtés municipaux et préfectoraux anti-prostitution pourtant à la source du harcèlement policier des TDS de rue. Nous attendons que la gauche s'empare de ses sujets et arrête de préférer la mort de nos collègues plutôt que d'écouter nos recommandations en terme de legislations. Pourquoi les travailleureuses du sexe ne sont pas entendues et respecter mais tout le temps infantilisée ? À l'aube des éléctions présidentielle, il est urgent qu'une remise en question soit effectuée !
La défense des droits des travailleuses du sexe est éminement queer ! Rappelons que l'année dernière dans le monde, 34% des 281 personnes trans assassiné·e·s rencencées dont la profession est connue étaient des travailleur.euses du sexe.
Plus que jamais, il est important de revendiquer haut et fort la nature de nos manifestations : ce ne sont pas que manifestations joyeuses et encore moins à l'origine ! Les prides sont des révolutions, des révolutions queers, qui ne devraient pas se limiter au mois historique de juin, mais continuer toute l'année, se mellangeant aux manifestations antifasciste, antiraciste, anticoloniale, anti impérialiste, anti capitaliste !
Encore une fois, face a la montée du fascisme, nous reprenons les briques !
Siamo tutti antifascisti !