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Discours : Rassemblement contre l'offensive anti-trans

Publié par Transistor Il y a 1 mois ()


Aujourd'hui l'association Transistor organise un rassemblement afin d'informer et de lutter ; car les enfants trans sont pris pour cible, par haine et par ignorance. Aujourd'hui, le 17 mai, en cette journée contre l’homophobie et la transphobie, nous sommes à 11 jours seulement du 28 mais : Dans 11 jours, les sénateurs commencent à examiner une proposition de loi visant à interdire toute transition de genre aux mineurs.

Rappelons que les mineurs suivis médicalement en France pour transition de genre sont très peu nombreux : 295 en 2020 selon un rapport de la H.A.S (Haute Autorité de Santé) publié en 2022. Quelques un recevaient des bloqueurs de puberté (qui, rappelons le : sont déjà prescrits aux enfants cisgenres, c'est-à-dire non trans, dans le cas de puberté précoce par exemple). Ces traitements sont réversibles, et permettent aux enfants trans de vivre plus sereinement : on constate dans cette population sous bloqueur une diminution des tentatives de suicide. Très peu avaient accès aux chirurgies, seule la mastectomie étant accessible avant 18 ans de toute façon, sous couvert de l'accord préalable des médecins ainsi que des responsables légaux, sans oublier bien sûr celui du jeune d'au moins 16 ans qui aura dû suivre plusieurs années de suivie médicale. C'est à peine une poignée de jeunes qui y a accès.

Et ne nous méprenons pas, s'ils commencent par les enfants, c'est avec un but indéniable d'interdire les transitions pour adultes et de criminaliser toutes les transitions. Le rapport d'étude au sénat sur la “transification des mineurs” mené par les associations transphobes et promouvant les thérapies de conversion pourtant illégal préconise déjà l'interdiction des transitions pour tout mineur ou adulte âgé de moins de 25 ans. Si vous pensez que nous exagérons, regardez la Floride, regardez nos voisins en Angleterre, en Russie, en Italie. Car oui, la France suit de terribles exemples. La transphobie actuelle s'inscrit dans une offensive conservatrice et fasciste, une volonté de la droite et l'extrême-droite de contrôler les corps et les populations. Ils ne s'arrêteront pas à la transidentité : ils s'attaquent déjà aux droits des travailleuses du sexes, au droit et à l'accès à l'IVG ainsi qu'à la PMA. Ils s'attaquent aux jeunes, et pas qu'aux jeunes trans : mentionnons Attal et son véritable plan de criminalisation des jeunes personnes racisés. C'est ça, la politique du gouvernement : attaquer les populations marginalisées par la base, par ceux qui sont trop jeunes pour pouvoir riposter.

L'objectif de la droite et de l'extrême droite (si ce n'est pas encore la même chose), c'est bel et bien de nous pousser encore plus loin dans l'isolation et l'insécurité. Ces textes de lois sont aussi un signal très fort : celui que le gouvernement n'est pas de notre côté, mais bien du côté des fascistes. De telles lois, un tel livre, ont aussi pour objectif et conséquence d'encourager les violences contre nous.

Nous sommes malheureusement beaucoup trop souvent écartés des débats qui nous concernent : c’était le cas dans le groupe d’étude au sénat sur la “transification des mineurs”. Nous sommes sans arrêt ignorés, quand nous ne sommes pas activement réduits au silence. Alors que nos opposants, eux, ne sont pas seulement écoutés, mais ils sont aussi amplifiés, invités partout, avec un micro et un pupitre. Ypomoni, Marguerite Stern et Dora Moutot sont plus écoutées que les associations trans, Le mouvement du nid est plus écouté que le STRASS (Syndicat Des Travailleureuses du Sexe), les associations de travailleuses du sexe ou même Médecins du monde.
De la même manière, à Angoulême nous n'avons pas eu le droit de faire entendre notre voix pendant le premier mai en tant que travailleuses du sexe, même dans les milieux de gauche qui revendiquent nous être favorables.


Au 9 mars 2024, je connaissais 5 personnes trans qui s'étaient suicidées ou qui ont overdosé, depuis le début de l'année 2024. Juste moi, juste une seule meuf trans, je connais 5 personnes trans qui sont mortes dans la précarité, dans l'isolement, dans un monde qui nous hait un peu plus chaque jour. Nous sommes contraints dans l’habitude de perdre des proches, mais cette année c'est un chiffre assez gros, très très tôt dans l'année. Et c'est comme ça pour toutes les personnes trans.

Nos parcours de soin sont déjà difficiles. L'accès à ces parcours est déjà, aujourd'hui, en grande partie contrôlé par des associations comme SOFECT (aussi connu comme Trans Santé ou FPATH), qui nuit aux personnes trans en ralentissant nos parcours et en les conditionnant à des mesures précarisantes et humiliantes. Les hormones sont difficiles d'accès, les opérations sont chères et mal remboursées, les médecins sont frileux quand ils ne sont pas directement hostiles. Et cette situation va empirer si ces lois sont votées. Cette situation va empirer si aucune discussion n'est entamée pour faire progresser et protéger les droits des personnes trans. La volonté de nos opposants est claire: envoyer les mineurs en thérapie de conversion, criminaliser les médecins qui pourraient nous préscrire nos traitements, puis criminaliser nos vies et nous faire disparaître. Si encore une fois vous pensez que l'on exagère, nous vous conseillons de lire l'enquête “Mineurs trans : la fabrique d'une panique” de Médiapart.


Nous demandons :

  • L’accès à la PMA pour toutes les personnes trans ;
  • L’arrêt des mutilations sur les enfants intersexes ;
  • Des moyens massifs pour les services publics afin d’assurer l’accès réel à l’IVG, aux transitions et à la contraception ;
  • Une éducation aux questions de genre, de sexualité et de relations affectives prise en charge par les travailleur’euse’s de l’éducation, de la santé, ainsi que par les associations queer et féministes ;
  • L’abrogation de toutes les lois répressives : loi immigration, loi de pénalisation client de 2016, et l’amnistie de tous les réprimés du mouvement de solidarité avec la Palestine.

Nous dénonçons le plan de lutte "anti-prostitution" annoncé le 2 mai 2024. Il vise à renforcer la loi pénalisation client du 13 avril 2016, et a déjà des conséquences matérielles sur les travailleur’euse’s du sexe les plus marginalisé.e.s d'entre nous (notamment les personnes sans papières). Il prévoit parmi ses 25 mesures une implication accrue des commissions départementales dédiées ou encore un renforcement des actions prises contre les "prétendus salons de massage abritant la prostitution". Cela donne lieu à une augmentation des contrôles d'identités des TDS qui si elles sont sans papières reçoivent ensuite une OQTF.

Nous dénonçons les atrocités qui se produisent en ce moment-même à Gaza et à Rafah. Nous dénonçons ce massacre, nous dénonçons la complaisance des gouvernements face au génocide du peuple Palestinien.
Nous sommes solidaire avec Charente Palestine Solidarité et nous apportons notre solidarité aux victimes de violences policières, et notamment à Angoulême à la famille Camara, au collectif Alhoussein et la communauté guinéenne.

Nous demandons à tous les collectifs, toutes les associations et les syndicats, les antenne de partis politiques de gauche local de continuer à nous apporter leurs soutiens, car ce combat nous est communs : ils s’attaquent aux droits des personnes trans, aux droits des travailleurs et travailleuses inclus les travailleurs et travailleuses du sexes et des soignants, le droits des personnes migrantes et/ou sans papières.

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